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Aude-E. Fleurant : « La base de départ du prochain cycle haussier pourrait mener à des niveaux jamais vus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale »

OSINTPOL continue de donner un coup de projecteur sur les bases de données tenues par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). Après avoir couvert les transferts d’armes et le top 100 des industries de défense, voici venu le temps de dévoiler et de commenter les données relatives aux dépenses militaires. Yannick Quéau a donc encore une fois interrogé Aude-Emmanuelle Fleurant, directrice du programme armements et dépenses militaires du SIPRI et par ailleurs collaboratrice d’OSINTPOL. La base de données est accessible en source ouverte sur le site du SIPRI. Le document d’analyse (en anglais) faisant ressortir les éléments essentiels peut être consulté en cliquant sur l’image ci-contre.

Les bases de données produites par le SIPRI et mises à la disposition du public contribuent à la transparence en matière de production, de livraisons internationales d’armes et de dépenses militaires; des domaines où la raison d’État éclipse bien souvent les notions d’État de droit, de transparence, d’imputabilité et de citoyenneté. Ces bases sont des outils rares et précieux dans l’analyse des dynamiques militaires et donc dans la prévention des tensions et des conflits. En ce sens, elles constituent un véritable bien commun de l’humanité.

Il semble que la tendance des dernières années marquées par un recul des dépenses en Occident et une augmentation dans reste du monde se poursuive encore ? Quelles sont les principales caractéristiques de ce cycle et les nuances majeures à apporter ?

En effet, la baisse des dépenses militaires mondiales enregistrée depuis 2011 s’est arrêtée en 2015 pour afficher une croissance modeste de 1 %. Cette hausse est partiellement imputable au ralentissement du déclin des dépenses militaires américaines. Les États-Unis comptent pour plus du tiers du total mondial, ce qui signifie qu’un changement dans l’évolution de leurs dépenses militaires influence la tendance globale.

Cela dit, la hausse observée en 2015 est aussi à mettre sur le compte des pays non occidentaux qui ont augmenté leurs dépenses militaires de manière significative depuis les années 2000, voire avant comme c’est le cas de la Chine. La hausse dans les pays hors Occident a été suffisamment importante pour faire contrepoids à la baisse et à la stagnation que l’on a pu observer en Amérique du Nord et en Europe de l’Ouest, des régions où des pays dépensent des sommes significatives pour leur défense.

Le retour à la croissance signale peut-être que 2014 a représenté le point le plus bas du cycle de décroissance des dépenses militaires mondiales le plus modeste depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Si la tendance à la hausse se maintient, cela signifie que la base de départ particulièrement élevée du prochain cycle haussier pourrait mener à des niveaux qui n’ont pas été atteints depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Toutefois, les tendances contradictoires qui parcourent actuellement l’environnement international rendent les prévisions risquées. Comme j’en discutais dans l’entretien sur les transferts d’armes, d’un côté, plusieurs des pays qui affichent — ou qui ont affiché jusqu’en 2014 — des hausses de leurs dépenses militaires ont bénéficié d’importants revenus de l’exportation du pétrole. La chute des cours mène plusieurs États à revoir leurs budgets du fait de la baisse des ressources disponibles ce qui pourrait mener à un déclin ou une période de stagnation.

D’un autre côté, la situation sécuritaire est perçue comme étant volatile dans plusieurs régions, notamment au Moyen-Orient où plusieurs conflits sévissent. En Europe centrale et du Nord, la Russie est comprise comme étant agressive. En Asie Pacifique des tensions importantes quant à la souveraineté maritime créent aussi des tensions. Cet environnement tend au maintien, voire à l’augmentation des dépenses militaires. Les prédictions sont rendues difficiles, car dans plusieurs cas, ces deux tendances sont à l’œuvre dans un même pays et les priorités à court terme ne sont pas toujours clairement établies.

Figure 1. Évolution des dépenses militaires mondiales en USD constants de 2011, 1988–2014

Source : SIPRI, 2016.

Figure 2. Évolution dans les dépenses militaires par régions, 2013–2014

* Pas d’estimation régionale pour le Moyen-Orient en raison de l’absence de données fiables pour plusieurs des États concernés.

Source : SIPRI, 2016.

Qui sont les États dépensant le plus en matière militaire et quelles sont leurs motivations ?

Les raisons motivant une augmentation ou une diminution des dépenses militaires sont rarement unidimensionnelles. De manière très générale, les principaux moteurs des dépenses militaires sont les guerres, les processus généraux de réformes des forces armées (professionnalisation, par exemple) ainsi que les programmes majeurs de modernisation des équipements. Un déterminant qui doit aussi être pris en considération lorsque l’on examine les dépenses militaires est l’évolution de la richesse nationale, qui indique la disponibilité des ressources nationales et la part qui peut être consacrée à la défense.

Les États-Unis trônent en tête de liste des États qui dépensent le plus pour leur défense depuis la Guerre froide, une époque où le pays se disputait peut-être la place avec l’Union soviétique. On dit « peut-être », car les dépenses militaires soviétiques étaient parfois particulièrement opaques. Depuis la fin de la confrontation est-ouest, Washington dépasse de près du triple le second pays classé, la Chine. Comme puissance hégémonique, les États-Unis estiment avoir des intérêts globaux, et leur puissance militaire classique (c’est-à-dire hors armes nucléaires) a aussi une portée globale. De plus, les autorités du pays estiment que l’une des clés du maintien de la puissance militaire passe par le développement et l’acquisition d’armements sophistiqués, octroyant aux forces américaines un avantage dans tout type de confrontation. Soutenir une telle politique est extrêmement coûteux. Suivre les États-Unis dans cette voie est d’ailleurs une tâche périlleuse sur un plan budgétaire pour nombre de leurs alliés comme on peut le voir avec les difficultés entourant le financement des divers projets d’acquisition de l’avion de 5e génération F-35.

La Chine a bénéficié pendant plusieurs années d’une croissance économique impressionnante. Les autorités du pays ont mis en place une stratégie de modernisation de la défense du pays qui couvre l’ensemble des activités, des doctrines à la création d’une base technologique et industrielle militaire complète et avancée en passant par la lutte à la corruption. Le pays se veut un acteur majeur sur la scène internationale et ses dirigeants estiment qu’une défense plus performante et crédible soutient directement cet objectif. La Chine semble aussi souhaiter participer plus activement à la gestion de l’ordre régional et international, qui reste aujourd’hui dominé par Washington. Cela se traduit  par des tensions importantes en Asie-Pacifique, particulièrement en mer de Chine méridionale et orientale où la situation mène de nombreux États de la région à augmenter leurs dépenses militaires également.

L’Arabie Saoudite est actuellement à la tête d’une coalition qui mène une guerre au Yémen et les guerres font augmenter les dépenses militaires. Cela dit, le pays a aussi bénéficié de la manne pétrolière qui lui a permis de financer l’importation de nombreux armements dans les dernières années. De manière générale, le pays se trouve dans un contexte régional volatile (guerre en Syrie et au Yémen, instabilité persistante en Irak, conflit israélo-palestinien) où l’Iran est perçu comme une menace majeure. La Russie, quant à elle, soutient un important projet de modernisation de son appareil militaire qui se double d’un effort soutenu en faveur du développement de son industrie d’armement. Les autorités russes ont également dit à plusieurs reprises qu’elles interprètent les déploiements des forces de l’OTAN dans les pays d’Europe orientale et dans des territoires proches de ses frontières présentent comme un défi à  la sécurité nationale pouvant mener à une réponse  militaire.

Que ce soit l’Arabie Saoudite ou la Russie, ces deux pays sont aussi des exemples de cas où les tendances contradictoires que l’on a observé en 2015 sont présentes simultanément, soit des conflits exerçant une pression haussière et une détérioration significative du produit intérieur brut (PIB) qui pousse à la baisse. Il est aussi important de noter que l’Arabie Saoudite a déclassé la Russie du troisième rang des pays qui dépensent le plus pour leur défense, notamment à cause de l’importante dévaluation du Rouble.

Tableau 1. Les 15 États aux dépenses militaires les plus élevées, 2011–2015

Source : SIPRI, 2016.

Figure 3. Parts en pourcentages des 15 États aux dépenses militaires les plus élevées dans le total mondial des dépenses militaires, 2015

Source : SIPRI, 2016.

En dépit de discours militaristes omniprésents, d’actions toujours ancrées dans la logique de guerre globale au terrorisme, le tout sur fond de menace russe, les dépenses militaires occidentales continuent de décroître. Comment expliquer cette observation en apparence paradoxale ?

En Europe de l’Ouest, la situation s’explique essentiellement par la mise en place de politiques d’austérité, qui perdurent encore aujourd’hui, pour composer avec les impacts significatifs de la crise financière et économique de 2008. Depuis, à l’exception de quelques États, la reprise économique se fait attendre dans les pays qui dépensent le plus pour leur défense comme le Royaume-Uni, la France, l’Italie. La disponibilité des moyens budgétaires à consacrer au militaire est moindre et la concurrence avec d’autres postes budgétaires est très importante. En dépit d’un discours volontariste sur la défense qui freine sans doute l’ampleur de la chute de dépenses militaires en Europe, les priorités en matière d’allocation des ressources restent à la relance de l’économie. Cela dit, il faut préciser que les pays d’Europe centrale ont augmenté significativement leurs dépenses militaires (13%) raison notamment de la situation en Ukraine. Plus généralement, la menace que poserait la Russie à l’intégrité territoriale de plusieurs anciens pays satellites de l’Union soviétique, en particulier la Pologne, soutient un processus de croissance des dépenses militaires des États de la sous-région.

Le portrait est différent aux États-Unis. Le pays se porte mieux sur le plan économique, mais la mise en œuvre du coûteux plan de relance en 2009 et le gonflement conséquent du déficit américain a provoqué un clash entre les ailes exécutives et législatives ainsi qu’entre les deux grands partis politiques sur la façon de le réduire de manière durable. Cela a mené à l’adoption d’une loi qui plafonne et comprime automatiquement les dépenses des ministères, y compris celui de la défense. Le seul moyen de neutraliser cette législation est de parvenir à une entente concernant un mode de règlement du déficit, ce qui n’est toujours pas arrivé et n’arrivera vraisemblablement pas en 2016, puisque c’est une année d’élection présidentielle.

Cette loi limite les dépenses militaires américaines et explique largement la décroissance observée depuis 2011, mais il faut garder en tête qu’il est difficile de savoir si les dépenses auraient augmentées sans l’existence de cette loi. Les budgets présentés par la Maison Blanche au Congrès tendent à indiquer une préférence vers une croissance du budget du département de la Défense, mais cela est aussi tributaire de la dynamique politique interne, où les budgets sont un terrain de jeu de négociations entre le législatif et l’exécutif. D’ailleurs, au cours des deux dernières années, les limites imposées par la Loi sur le contrôle budgétaire ont été partiellement contournées par l’adoption de législations de court terme qui augmentent les plafonds de dépenses.

Tableau 2. Les dépenses militaires en Europe

Source : SIPRI, 2016.

Au niveau des dépenses militaires régionales, depuis le tournant du siècle, la situation en Asie-Pacifique suscite des inquiétudes. Qu’en est-il des dynamiques caractérisant les dépenses militaires dans cette région et comment peut-on les comprendre ?

Au niveau des dépenses militaires régionales, depuis le tournant du siècle, la situation en Asie-Pacifique suscite des inquiétudes. Qu’en est-il des dynamiques caractérisant les dépenses militaires dans cette région et comment peut-on les comprendre ?

Au cours de la dernière décennie, la Chine a fait croître ses dépenses militaires de 132 %. Depuis des années, les dirigeants du pays cherchent ouvertement à moderniser les forces armées et à se doter d’une industrie de défense avancée et autonome. Cela se reflète dans le fait que la Chine grimpe dans le classement des pays fournisseurs d’armement dans le marché international et descend graduellement dans celui des pays importateurs. La croissance rapide et significative des dépenses militaires chinoises a aussi ramené à l’avant-plan des conflits territoriaux et maritimes, particulièrement en mer de Chine méridionale et orientale.

Même si les dirigeants du pays soulignent régulièrement que l’augmentation des dépenses militaires du pays suit la croissance de son PIB, soit grosso modo autour de 2% chaque année, les revendications territoriales et maritimes du pays ainsi que le renforcement majeur de son appareil militaire inquiètent les pays de la région. Ces derniers estiment en effet que la Chine menace leurs intérêts dans des zones stratégiques de transit maritime et pour des territoires riches en ressources (fonds marins, zone économique exclusive…). En conséquence, ils ont aussi augmenté leurs dépenses militaires et ils ont commencé à importer des armements coûteux, notamment des sous-marins, des navires de surface, des avions de patrouille et de surveillance maritime. En fait, le seul pays de la région Asie-Pacifique qui n’affiche pas une croissance de ses dépenses militaires en 2015 est la République des Fidji.

Cette dynamique a mené plusieurs observateurs à soutenir qu’une course aux armements est observable dans la zone, un durcissement graduel d’une dynamique régionale qui doit également compter avec la présence et l’influence des États-Unis et de la Russie, deux pays qui ont des intérêts économiques et  majeurs dans cette région.

Tableau 3. Les dépenses militaires en Asie et en Océanie

a À l’exclusion du Turkménistan et de l’Ouzbékistan

Source : SIPRI, 2016.

Que peut-on dire des logiques animant les dépenses militaires au Moyen-Orient, une région pratiquement constamment en guerre depuis plus d’une décennie ?

Il est difficile d’avoir une image claire des dépenses militaires des pays du Moyen-Orient. Plusieurs pays ne publient pas leurs budgets de défense ou alors ils fournissent un chiffre qui n’est ni défini, ni détaillé, ce qui laisse planer le doute sur ce qu’il couvre précisément. Ainsi, en 2015, nous ne présentons pas d’estimation des dépenses pour la région, car de nombreux États importants pour la zone n’ont pas déclaré leurs dépenses militaires. Parmi ceux-ci se trouvent la Syrie et le Yémen, deux pays en guerre, mais aussi les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït.

Les dépenses militaires de la région ont augmenté significativement, près de 70% entre 2006 et 2014 (en dollars de 2011). Cela est attribuable à la croissance de la richesse des pays de la zone, elle même tributaire des prix élevés du pétrole. La demande en armements a également crû pendant la période, contribuant sans doute à la hausse des dépenses militaires. Plusieurs analystes estiment également que les appareils paramilitaires de renforcement de sécurité intérieure dans la foulée des « printemps arabes » ont aussi soutenu la hausse des dépenses militaires. Les multiples guerres qui persistent dans la région expliquent en grande partie le maintien de dépenses militaires élevées, y compris en parts de PIB en 2015, notamment en Irak (9,1%) et en Arabie Saoudite (13,7%). Pour le Royaume, la hausse est aussi imputable à la diminution du PIB du pays, mais le fait qu’il soit à la tête d’une coalition faisant la guerre au Yémen est sans aucun doute un important moteur de leurs dépenses militaires.

Bien que toujours parcourue par des rivalités claniques parfois armées et confrontée à des groupes terroristes multipliant les actions, l’Afrique connait pour la première fois depuis plusieurs années une baisse de ses dépenses militaires. Comment expliquer ce phénomène ?

En 2015, l’Afrique rompt avec un cycle de 11 ans de croissance des dépenses militaires en affichant une baisse de 5,3 %. Cette diminution est largement attribuable à la chute des prix du pétrole qui a lourdement affecté les finances publiques de pays qui, sur un plan régional, représentent une part conséquente des dépenses militaires, comme le Nigeria et l’Angola. Cela dit, certains autres pays majeurs, comme l’Algérie, ont continué d’augmenter leurs dépenses militaires malgré les difficultés économiques. Pour d’autres encore, comme le Mali et le Kenya, l’augmentation des dépenses est clairement soutenue par les conflits qui y sont en cours. La situation de l’Afrique sur ce plan illustre bien les tensions qui existent entre environnement sécuritaire et disponibilité des ressources.

Tableau 4. Les dépenses militaires en Afrique

( ) = estimation

a À l’exclusion de l’Érythrée et du Soudan

Source : SIPRI, 2016.

Le calcul des dépenses militaires en proportion du produit intérieur brut (PIB) fait-il ressortir des tendances différentes de celles observées en valeur absolue ?

Ce qu’il est important de retenir lorsque l’on regarde la part des dépenses militaires dans le PIB d’un pays est qu’il y a l’évolution de deux indicateurs à considérer simultanément : les dépenses militaires et l’évolution du PIB. En effet, si la richesse nationale a décru et que les dépenses militaires du pays sont restées stables, ces dernières capteront une plus grande part du PIB, ce qui ne signifie pas nécessairement qu’elles ont augmenté en valeur absolue.

À l’inverse, si le PIB augmente significativement, les dépenses militaires peuvent croître également sans que cela se reflète clairement dans la part du PIB. Dans cette perspective, la part des dépenses militaires dans le PIB indique le poids qu’elles représentent dans la richesse nationale, et non pas leur évolution dans le temps.

Les variations les plus importantes observées en 2015 quant à la part des dépenses militaires dans le PIB concernent avant tout des pays en guerre ou estimant que leur environnement sécuritaire est menaçant. On remarque aussi que la plupart de ces pays ont maintenu ou peu diminué leurs dépenses militaires alors que leurs PIB décroissent notamment face à la chute des prix du pétrole. C’est le cas de l’Arabie Saoudite, en guerre au Yémen, dont la part des dépenses militaires est estimée à 13,7 % en 2015, ainsi que de la Russie, en conflit avec l’Ukraine, à 5,4 % du PIB et celui du Soudan Sud, dont les dépenses militaires s’élèvent à 13,8 % du PIB. C’est aussi le cas de l’Algérie (6,2 % du PIB) qui a maintenu ses dépenses militaires dans un environnement sécuritaire tendu. Ces données reflètent ainsi clairement les impacts des variations des données (dépenses militaires et PIB) qui sont mises en relation.

Figure 4. États avec dépenses militaires en proportion du PIB supérieures à 4%, 2014 et 2015, en pourcentage (selon les données disponibles)

Source : SIPRI, 2016.

Plus globalement, les dépenses militaires mondiales ont capté 2,3% du PIB mondial en 2015, soit 1,67 trillions de dollars US. Ces sommes sont substantielles et leur réaffectation même des proportions limitées vers les objectifs de développement de l’ONU en santé ou en éducation permettrait certainement d’endiguer certaines crispations économiques et sociales qui sont exploitées par des groupes extrémistes ou des partis populistes, par exemple. Pour cela il faut cependant savoir rompre avec les logiques de courses aux armements ou du tout sécuritaire pour établir les conditions d’un dialogue entre États et au sein des sociétés qui remette de l’avant la notion de bien commun. Or cette dernière, par essence protéiforme, tend à être éclipsée par des discours plaçant le domaine militaire et la sécurité au cœur des priorités gouvernementales.

 

Aude-E. Fleurant, propos recueillis par Yannick Quéau

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Photographie : carte du monde montrant les dépenses militaires par État en pourcentage du produit intérieur brut. Elle est réalisée à partir des données la Banque mondiale pour l’année 2014. Plus la couleur est foncée plus le pourcentage est élevé. Crédit : Ali Zifan, domaine public (CC0 01).

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Pour citer ce document

Aude-E. Fleurant : « La base de départ du prochain cycle haussier pourrait mener à des niveaux jamais vus depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », propos recueillis par Yannick Quéau, Décryptage d’OSINTPOL, 20 avril 2016.

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Lire par ailleurs

Aude-E. Fleurant : « Une façon de pérenniser l’activité industrielle de défense consiste à trouver des débouchés à l’exportation », propos recueillis par Yannick Quéau, Décryptage d’OSINTPOL, 22 février 2016.

Aude-E. Fleurant : « Les groupes d’armements français du top 100 du SIPRI affichent tous des baisses de leur chiffre d’affaires », propos recueillis par Yannick Quéau, Décryptage d’OSINTPOL, 14 décembre 2015.

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